[Film] Chiens De Paille

Réalisateur : Sam Peckinpah
Avec : Dustin Hoffman, Susan George, Peter Vaughan, T.p. Mckenna
Drama, Usa/grande bretagne (1971), 113 minutes
Sortie le 09/02/1972
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Alors que s'apprêtait à sortir sur nos écran le film qui allait marquer toute une génération, Orange Mécanique, un autre film - qui restera moins ancrée dans les mémoires en tant que film culte, et pourtant tout aussi fort - faisait alors la joie des amateurs de bad ass, signé quand même Monsieur Sam Peckinpah : Chiens De Paille.
Tout comme Orange Mécanique, le film traite de la violence, un aspect de la nature humaine qui suscite, dans les deux films, des approches bien différentes. Alors que le maitre - à l'époque contesté - Kubrick, nous la présente d'une façon "gratuite", Sam Peckinpah choisit la tangente en nous dressant le portrait d'un homme calme, posé, dont rien ne le laisse présager à une dérive vers la violence.
C'est dans ce traitement du sujet que réside tout le génie de mister Sam : en quatre vingt dix minutes, il entrainera son personnage central - et nous avec - dans ces derniers retranchements, pour laisser place à une dernières demi-heure explosive.
C'est dans ce changement radical et brutal de personnalité que l'on peut alors observer un aspect souvent enfouie de l'homme, un aspect rétrogradé à celui d'animal, l'aspect violent et sauvage, qui reste pourtant présent tout au long du métrage de façon plus ou moins implicite.
On peut ici trouver le cas extrême pour prouver que la violence est bien en chaque personne :
-on prend ce qu'il peut y avoir de plus inoffensif ( plus précisément un mathématicien fuyant à chaque occasion la confrontation );
-et on essaye, par tous les moyens, les plus terribles y compris, d'en faire une bête sauvage et criminelle.
Le pari est réussi. CQFD.
Peut être un peu caricatural me direz-vous ? Oui peut être.
La noirceur avec laquelle est traité le sujet rend très bien, elle nous fait plonger dans un gouffre de tourment avec le personnage David, jusqu'au final on Sam lâche tout.
Tout est du très haut niveau, de la mise en scène "neutre" à l'interprétation fabuleuse de Dustin Hoffman, en passant par un scénar superbement ficelé. Notons aussi et surtout le montage agressif et à l'utilisation intelligente du ralenti ( ça devient rare ), qui donne toute sa force au récit.
C'est fort, on y croit de bout en bout, absorbé par le talent de Sam.
Chapeau !
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